La mariée

Ossip Zadkine (1888-1967)
c. 1932
Terre cuite
Hauteur: 42 cm

Nous voici en 2016 face à une magistrale tête en terre cuite de Zadkine jusqu’alors inconnue. Nous ne savions rien ou très peu de chose d’elle. Nous ne doutions pourtant pas de son authenticité tant la main de Zadkine y est reconnaissable, sans pour autant en faire trop. Bien que ce type de tête soit rare dans la production de l’artiste, nous avons pu faire quelques parallèles avec d’autres sculptures telles qu’une autre pièce unique en terre cuite, Pensées (1936) que nous avions découvert peu de temps auparavant.

La recherche sur sa provenance et ses pérégrinations ont quant à elles nécessité une enquête, toujours en cours pour de plus amples précisions.
Le point de départ était le nom de son dernier propriétaire, Vandevelde (sans mention de prénom).
Nous avons alors demandé de l’aide à une personne qui était entrée en contact avec nous pour l’identification d’une autre œuvre de Zadkine il y a quelques années. Cette personne savait que sa famille, nommément sa mère était proche des Vandevelde dans les années 30. En effet, les deux familles étaient liées par plusieurs mariages et avaient en commun deux sociétés, l’une nommée « Chantier Houiller » et l’autre « Porte-plume ». Elles avaient aussi à plusieurs reprises commandé la construction de villas et de magasins à l’architecte Adrien Blomme qui à cette époque (fin des années 20 et 30 en Belgique) invitait fréquemment Zadkine à réaliser des bas-reliefs – notamment pour sa propre résidence avenue de la Nation (aujourd’hui avenue Franklin Roosevelt) en 1929 et pour l’œuvre monumentale du cinéma le Métropole en 1932.

En 1932 l’industriel Aimé Vandevelde commande pour sa villa du Nord de Bruxelles un bas-relief à Zadkine (cf. I. Jianou 1964, p. 90), représentant Héraclès et le lion de Némée. Nous supposons que celui-ci a fait l’acquisition de La Mariée  à la même période. 
Par chance, notre contact a aimablement demandé à la petite-fille d’Aimé Vandevelde si elle en avait gardé quelques souvenirs. Celle-ci nous a répondu à l’affirmative précisant qu’elle avait toujours vu la tête de Zadkine trôner sur la cheminée de son grand-père dans sa grande propriété en-dehors de Bruxelles, à Neerom Hof, Wolvertem (cette propriété de 25Ha est aujourd’hui devenue un parc public). La petite-fille d’Aimé Vandevelde ignore cependant ce qu’il est advenu de la sculpture après le décès de son grand-père en 1964.